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Actualité

Le thème de la semaine : Jamais vu

 novembre 16, 2020

Auteur philippe.agnelli

Le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin. Le 9 novembre 2020 restera lui aussi dans les annales, mais pour une autre raison : le « mur du Covid » – pour ne pas dire le mur de Pékin – est tombé, ou presque. La société pharmaceutique PFIZER a en effet annoncé des résultats très prometteurs pour son vaccin en préparation, efficace dans 90% des cas testés. Cela laisse entrevoir une fin programmée de la pandémie actuelle. Logiquement, anticipant comme à son accoutumée, le marché a brutalement adoré ce qu’il avait jusqu’ici détesté : les "valeurs Covid". Il s’est mis à rechercher avidement les valeurs les plus délaissées depuis quelques mois, appelées « value », telles que les compagnies aériennes ou les centres commerciaux. Et à vendre les valeurs les plus recherchées, appelées « momentum » (qui signifie « en tendance positive ») représentées notamment par les valeurs technologiques ou de santé. Jamais depuis 2008 au moins le facteur momentum n’avait autant sous-performé le marché au profit du facteur value : -15% sur une journée par rapport au marché, c’est-à-dire 11 fois la moyenne des variations quotidiennes. Un événement statistiquement aussi improbable que la visite de Martiens sur Terre ou que la reconnaissance par Trump de sa défaite.


Comme la chute du mur annonçait une nouvelle ère géopolitique, ce coup de canon annonce-t-il un revirement durable du marché ? Ce serait bien imprudent de l’assurer. Néanmoins, certains éléments nous semblent pousser en ce sens. D’une part, que ce soit celui de PFIZER ou d’autres sociétés pharmaceutiques, plusieurs vaccins paraissent sur le point d’être prochainement disponibles, en particulier celui d’une jeune pousse du Massachussets fondée par un Français, MODERNA. Parmi ces promesses de vaccins, l'une d'entre elles au moins devrait se réaliser. De leur côté, Russes et Chinois assurent en posséder déjà un. En outre, le taux d’immunité – au moins provisoire – progresse mécaniquement avec le nombre de personnes infectées une fois guéries. On peut donc se projeter à l’horizon de quelques mois dans un monde en grande partie libéré de cette souche du Covid-19, un monde qui voudra compenser son confinement, peut-être par une frénésie de sorties, de voyages, de socialisation – et de travail ? Comme les habitants de Berlin-Est pendant les premiers mois de liberté retrouvée ? De nouvelles « années folles » à venir peut-être...

Hélas, 
rien n’est gagné à ce stade. Tout d’abord, le vaccin doit être conservé à une température extrêmement basse, ce qui rend difficile, lente et chère son administration. En outre, il n’est pas certain qu’une large partie de la population souhaite s'injecter un produit qui n’a pas encore passé l’épreuve du temps. On peut comprendre que certains soient réticents, notamment les moins fragiles a priori. De fait, aucune campagne de vaccination aussi massive, pour un produit aussi complexe à manipuler et récent, n’a jamais été réalisée. Nous serions là encore dans une situation historiquement inédite.

A cela s’ajoute que
nul n’est assuré de l’efficacité à long terme de ce possible vaccin, ni face à la souche actuelle, ni face aux possibles mutations du virus. Si le Covid actuel mutait comme la grippe saisonnière, impliquant de nouvelles campagnes de vaccinations régulières, la situation serait pour longtemps plombée.

Malgré tout, l’équilibre du marché semble avoir connu une inflexion fondamentale. Graduelle, encore mal assurée certes, mais imparable à l’horizon de plusieurs mois. Ce qui ne signifie pas que les valeurs jusqu’ici recherchées seront les prochaines délaissées. La révolution digitale est en route, on voit mal ce qui pourrait l’arrêter. La santé restera toujours une priorité, surtout dans un monde vieillissant. Et les valeurs liées à la régulation du climat répondent à une urgence qui a des années, voire des décennies devant elle. Simplement, le marché pourrait être moins déséquilibré dans ses choix qu’il ne l’a été ces derniers mois ou dernières années. A moins bien sûr qu’un nouveau "cygne noir" apparaisse, aussi inimaginable que l’actuel. Mais dans ce cas, le marché et la société – tout comme les virus – s’adapteraient de nouveau, et après mille tâtonnements trouveraient une voie de sortie victorieuse, comme ce fut le cas cette fois-ci encore, en ce 9 novembre 2020, pour le trente-et-unième anniversaire du jour le plus marquant de l’histoire contemporaine.

Article d'information rédigé par la financière de l'échiquier. Une société de gestion française que l'on aime beaucoup pour la qualité et l'originalité de ses analyses.


philippe.agnelli


Titulaire d’un double master en sciences informatiques et en gestion internationale de fortune, Philippe Agnelli s’est spécialisé dans l’ingénierie financière du patrimoine et de l’immobilier. Fort de son expérience de manager et de son degré d’exigence dans les affaires, il investit depuis plusieurs années dans tous les domaines de l’immobilier. Fidèle à son engagement de partage des connaissances et convaincu que le patrimoine reste le meilleur moyen d’atteindre l’indépendance financière ou de préparer sereinement sa retraite, Philippe Agnelli a l’ambition de démystifier et de rendre accessible les notions financières et immobilières pour permettre à chacun de constituer ou faire évoluer son patrimoine. Contributeur régulier d’articles sur notre site, les textes de Philippe sont destinés au grand public et synthétisent l’essentiel des connaissances acquises dans sa vie professionnelle.

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